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Ministère de la Régularisation de Tous les Sans-Papiers
Zone d’attente de Roissy - Renvoi imminent d’un mineur âgé de 8 ans PDF Imprimer Envoyer
Droit des étrangers
Mardi, 29 Mars 2016 18:46

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Action collective Anafé - RESF

A Roissy, un mineur isolé comorien, privé de liberté, est menacé d’un renvoi imminent.
Alors qu’en juillet 2015 le Comité des droits de l’homme de l’ONU, dans son examen périodique de la France, demandait d’« interdire toute privation de liberté pour les mineurs en zones de transit », la France continue d’être sourde à toute norme de protection. La loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers n’a rien changé à cette pratique.
L’enfermement de mineurs aux frontières françaises persiste, en contradiction avec les principes de droit international, de la jurisprudence européenne, du droit interne et des recommandations des instances de protection des droits de l’Homme [1]. Une politique génératrice de violations des droits [2] au profit du contrôle des frontières.

Said, jeune comorien âgé de 8 ans, est maintenu en zone d’attente de Roissy depuis le 21 mars.
Dans une situation de grande précarité et ne pouvant plus subvenir correctement à ses besoins, sa mère a envoyé Said chez sa tante, en France métropolitaine, afin que celle-ci le prenne en charge.
Bien que la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE) précise que « la détention ou l’emprisonnement d’un enfant doit n’être qu’une mesure de dernier ressort » et qu’aujourd’hui le lien de parenté avec sa tante n’est pas contesté, Said est enfermé et menacé d’un renvoi à tout moment aux Comores.

En octobre 2012, la France assurait au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies que « la question des mineurs étrangers et plus particulièrement des mineurs non accompagnés sera abordée avec responsabilité et en gardant à l’esprit que la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant doit primer ». Pourtant, l’enfermement d’enfants perdure, en violation de l’article 3 de la CIDE, selon lequel « l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ». Dans son Avis du 21 mai 2015, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme a d’ailleurs rappelé que les mineurs sont des personnes intrinsèquement vulnérables, et que la privation de liberté est nécessairement contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Des situations comme celle de Said doivent cesser. Son renvoi doit être annulé et il doit être mis fin immédiatement à son maintien en zone d’attente.

L’Anafé et RESF persistent dans cette revendication et demandent [3] la fin définitive de l’enfermement de tous les mineurs étrangers aux frontières, qu’ils soient isolés ou accompagnés, demandeurs d’asile ou non.

Notes

[1Notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies, le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies, le Comité contre la torture des Nations Unies et le Conseil de l’Europe. Au niveau national, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme et le Défenseur des Droits.

[2Rapport Anafé, novembre 2015 « Des zones d’atteintes aux droits  ».

[3Lettre ouverte au gouvernement, aux députés et aux sénateurs de l’Anafé, de l’OEE, de RESF et du Journal du droit des jeunes, 25 juin 2015.

 
Paris: jeudi 31 mars 2016 à 18h. Rassemblement « Nuit debout » PDF Imprimer Envoyer
Action politique
Mardi, 29 Mars 2016 18:10

Convergence des luttes

Le 31 mars 2016, après la manifestation: on ne rentre pas chez nous, on occupe une place !

C'est la goutte d'eau

Si le projet de loi Travail a tant mobilisé, c'est parce qu'en poussant toujours plus loin l'injustice, il fait craquer la digue de ce que nous pouvions supporter. Nos gouvernants sont murés dans l'obsession de perpétuer un système à bout de souffle, au prix de « réformes » de plus en plus rétrogrades et toujours conformes à la logique du néolibéralisme à l'œuvre depuis 30 ans : tous les pouvoirs aux actionnaires et aux patrons, à ces privilégiés qui accaparent les richesses collectives.

Ce système nous est imposé, gouvernement après gouvernement, au prix de multiples formes de déni de démocratie. Le projet de loi Travail pourra bien être retiré, et Valls sauter, nous ne rentrerons pas chez nous pour autant : ce monde qu'ils construisent avec acharnement pour nous mais contre nous, nous n'en voulons pas !

Un élan populaire est en train de naître. Lycéen.ne.s, étudiant.e.s, salarié.e.s syndiqué.e.s ou non, chômeurs en colère, discriminé.e.s en tout genre, syndicalistes réprimé.e.s, paysan.ne.s et écolos zadistes, ça fuse de partout et c'est beau à voir.

Nos rêves contre leurs privilèges

Au programme : animation, restauration, concerts, partage d'informations, Assemblée Citoyenne Permanente et plein de surprises. Le 31 mars on se pose, on discute et on décide ensemble des actions à mener pour faire de la Nuit Debout le début d'un mouvement citoyen. Nous porterons nos espoirs avec fierté et fermeté. Des solutions existent, nous avons des sources d'inspiration, des idées, des expériences, des savoirs et des savoir-faire, de l'énergie, de la bienveillance et de la joie. Ce tournant est à notre portée !

Nous invitons tous ceux qui, au-delà de leur opposition à la destruction du Code du Travail, aspirent à construire un projet politique ambitieux, progressiste et émancipateur, à nous rejoindre à l'issue de la manifestation du 31 mars.

Des précisions seront diffusées progressivement sur le site www.convergence-des-luttes.org

Au programme :

  • Deux assemblées citoyennes : la première, tribune d'information pour les luttes en cours et dates de mobilisation, la seconde pour construire ensemble la convergence en identifiant nos communs.
  • Des concerts dont HK et les Saltimbanques !
  • Une projection de "Merci Patron"
  • Des animations
  • Un espace restauration

Le tout sera précédé d'une introduction par Frédéric Lordon. Le 31 mars on se pose, on discute et on décide ensemble des actions à mener pour faire de la Nuit Debout le début d'un mouvement citoyen.

Nous vous encourageons vivement à apporter des victuailles à partager sur place. Pour que la soirée, la nuit soient agréables, conviviales et gourmandes.

Si vous avez des questions c'est ici:
contactconvergencedeslutt Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. seup.net

Nous :

Initiateurs de la nuit debout, femmes et hommes de toutes origines, simples citoyen.ne.s, militant.e.s associatifs ou politiques, spontanément réunis autour de la dynamique créée par le film de François Ruffin « Merci, Patron ! », invitons les manifestants à occuper une place publique le 31 mars 2016 pour inventer une société juste et émancipatrice.

document au format PDF:

document au format PDF:

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/46046
Source : liste de diffusion CIP-IDF, reçu le 26 mars 17h
Source : http://www.convergence-des-luttes.org/
Source : message reçu le 23 mars 16h
Source : http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?i...
Source : message reçu sur la liste RESF-75 le 29 mars 12h


Participez

Nous vous attendons nombreux place de la République à partir de 18h.

La manifestation est déclarée mais nous vous recommandons de vous assurer qu'il n'y a pas eu de changement de programme [ici]

Nous avons besoin de bénévoles pour que la Nuit Debout soit une réussite : pour tracter, pour éplucher, pour peindre, pour dessiner, pour transporter...

Pour nous rejoindre et faire vivre la place pendant l'occupation le soir du 31 mars, inscrivez-vous ici : http://www.convergence-des-luttes.org/nous-rejoindre/ (ou cherchez Mathieu le soir du 31).

Nous avons encore besoin de matériel. Si vous avez ou avez accès à une voiture à grand coffre, un vidéoprojecteur puissant, un groupe électrogène, des barnums, des tréteaux et des planches, une échelle, des bâches et de la corde... Contactez Johanna : johanna@fakirpresse.info

Source : message reçu sur la liste RESF-75 le 29 mars 12h


Communiqué de

l'AG intermittent.e.s et précaires du 24 mars

L'assemblée générale du 24 mars 2016 réunissant des intermittent.e.s et précaires en lutte appelle à construire la mobilisation contre la loi travail, soutient les étudiant.e.s et lycéenn.e.s en lutte et condamne la répression et les violences policières qui s'abat sur eux pour les faire taire.

L'assemblée générale soutient les initiatives de cette mobilisation, notamment la nuit du 31 mars cherchant à construire la convergence des luttes.

Concernant l'assurance chômage, le document de cadrage proposé par le MEDEF est une catastrophe comparable à celle de 2014 et préfigure la disparition des annexes 8 et 10.

L'article 11A de loi Création-architecture-patrimoine qui vient d'être votée prévoit la mise en pièce de la présomption de salariat pour les artistes en promouvant le travail gratuit pour les spectacles professionnels.

Tou.te.s dans la rue le 31 mars !

Assemblée générale unitaire des intermittent.e.s et précaires en région parisienne, réunie le 24 mars à la Cité de la musique à Paris.

Source : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_articl...

 
Gréve de la faim à Calais et à Notre Dame Des Landes NDDL. PDF Imprimer Envoyer
Action politique
Vendredi, 18 Mars 2016 08:51

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/03/17/grevistes-de-la-faim-un-message-de-soutien-de-notre-dame-des-landes/

Le 11 avril 2012, deux paysans de Notre-Dame-des-Landes ont entamé une grève de la faim pour s’opposer à l’expulsion des exploitants agricoles dans le cadre du projet d’aéroport. Ils demandaient qu’il n’y ait aucune expulsion tant que les recours juridiques engagés n’auraient pas abouti. L’un d’eux a dû abandonner le jeûne, mais d’autres paysans ont pris le relais. Ils ont obtenu gain de cause, et ont arrêté leur mouvement le 8 mai 2012.

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/08/notre-dame-des-landes-les-opposants-au-projet-d-aeroport-arretent-leur-greve-de-la-faim_1698196_1471069.html

Leur action se situait dans le cadre d’une mobilisation plus large, dont elle a été un temps fort et un nœud pour les solidarités. Elle signifiait que pour les paysans expropriés la destruction de ce qui faisait leur vie équivalait à remettre en cause leur vie-même.

Bien sûr, message qui est proche de celui des grévistes de la faim du bidonville de Calais (voir ici, ici, ici, ici, ici et ), qui témoignent par leur geste de la violence qui leur est faite.

Voici donc le message qu’adressent aujourd’hui le mouvement contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et les grévistes de la faim de 2012 :

« L’Assemblée Générale du mouvement contre le projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’associe aux grévistes de la faim d’avril-mai 2012 pour exprimer notre plus profonde solidarité avec les grévistes de la faim de Calais.

Comme dans toute grève de la faim, la mise en danger de sa propre vie révèle la violence de la situation, la détresse et la détermination des grévistes.
Il est difficile de rendre compte de notre tristesse, de notre honte et de notre colère face a cette situation, face à ces expulsions, face au déni d’humanité que vous subissez. Nous continuerons à nous indigner et à rester debout et solidaires avec vous.

Des occupant-e-s de la Zad sont présent-e-s  sur place depuis longtemps, et apportent du soutien matériel et humain.
De par leur expérience, les  grévistes de la faim peuvent vous dire que leur parole n’a été entendue qu’au vingtième jour par les décideurs,  au moment ou les risques qui pesaient sur leur santé commençaient à les inquiéter.

Nos combats se rejoignent dans une lutte obstinée pour un avenir toujours meilleur, nous refusons de laisser détruire des terres nourricières au profit des bétonneurs, vous vous battez pour vivre dignement, ce qui devrait être garanti à chacun-e-s.

Nous faisons appel à toutes les personnes de bonne volonté pour soutenir et relayer cette action. »

nddl

Historique:

- http://www.ministere-de-la-regularisation-de-tous-les-sans-papiers.net/joomla1.5/index.php?searchword=calais&ordering=&searchphrase=all&Itemid=1&option=com_search

- http://www.ministere-de-la-regularisation-de-tous-les-sans-papiers.net/joomla1.5/index.php?searchword=nddl&ordering=&searchphrase=all&Itemid=1&option=com_search

 
Calais: Grève de la faim des réfugiés. PDF Imprimer Envoyer
grève de la faim
Vendredi, 18 Mars 2016 08:43

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2016/03/15/destruction-du-bidonville-la-greve-de-la-faim-continue/

Certains sont en grève de la faim depuis le 2 mars, début de leur mouvement (voir ici, ici, ici, ici et ). S’ils sont moins visibles depuis le rassemblement à l’entrée du bidonville le 7 mars au matin, au moment où la police et les équipes de destruction revenaient après l’interruption du week-end, ils ont eu des contacts plus institutionnels. Avec quatre membres du Parlement européen le 7 mars, un délégué du Défenseur des Droits le 8 mars, une représentante du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies) le 10 mars, une parlementaire britannique le 11 mars.

Autour d’eux, la destruction du bidonville continue. Mais ils affirment porter les attentes et les préoccupations des autres habitant-e-s du bidonville, et continuent leur mouvement, et ils veulent témoigner à la face du monde du sort qui est aux exilé-e-s.

Pour suivre leur mouvement (en anglais) :

https://calaishungerstrike2016blog.wordpress.com/

cropped-statement

Photo https://calaishungerstrike2016blog.wordpress.com/

Historique: http://www.ministere-de-la-regularisation-de-tous-les-sans-papiers.net/joomla1.5/index.php?searchword=calais&ordering=&searchphrase=all&Itemid=1&option=com_search

 
Soirée de soutien - collectif Baras vendredi 18 mars 2016 à 19h métro Mairie des Lilas 93. PDF Imprimer Envoyer
Action politique
Vendredi, 18 Mars 2016 08:19

Soirée de soutien - collectif Baras

Non à l'expulsion du squat du collectif Baras !
Régularisation et logements pour toutes et tous !

Musique live & dansante avec :

  • J.J Birgé & Antonin-Tri Hoang
  • Blick Bassy
  • Étienne Brunet& Léo Brunet
  • Nanda La Gabona
  • Jah Nool Farafina
  • Dié…

Mafé & tiep version végétarienne, tartes salées & sucrées
bissap, gingembre, bière

Prix libre

Nous sommes des migrants originaires de l'Afrique de l'Ouest et centrale et, pour la plupart, nous vivions en Libye depuis de nombreuses années… puis la guerre nous a forcé à partir.

Aujourd'hui, nous sommes en France pour travailler et nous demandons au préfet de nous régulariser au plus vite ! Les critères imposés par la loi sont beaucoup trop restrictifs sur la régularisation par le travail. Pourtant la plupart des membres du collectif peuvent attester d'une promesse d'embauche et, même souvent, du soutien d'un employeur. Nettoyage, bâtiment, gardiennage, restauration… tous ces secteurs nous exploitent car nous n'avons actuellement pas de statut. Pour mettre fin à cela, il faut obtenir la régularisation de tous les sans-papiers !

Le Collectif Baras est tout autant déterminé à obtenir un toit pour l'ensemble de ses membres. Un squat comme le nôtre n'est pas une solution idéale, c'est une solution par défaut, pour répondre à l'urgence de la situation !

Nous demandons aux autorités de ne pas nous expulser de notre lieu de vie situé au 72 rue René Alazard à Bagnolet - ni celui de nos camarades qui ont obtenu un hébergement provisoire dans des foyers Adoma.

Nous avons essayé de trouver d'autres logements, en faisant des demandes officielles qui n'ont rien donné, et en occupant des bâtiments vides, mais à chaque fois, la préfecture nous en a expulsés.

Notre squat est expulsable depuis le 23 septembre 2015.
Mobilisons-nous pour empêcher cette expulsion !

Le collectif Baras

07 78 32 14 75 / 07 51 28 82 69

document au format PDF:

document au format PDF:

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/44858
Source : https://fr.squat.net/2016/03/13/bagnolet-93-s...
Source : message reçu le 3 février 19h
Source : liste de diffusion CIP-IDF, reçu le 13 mars 18h

Historique: http://www.ministere-de-la-regularisation-de-tous-les-sans-papiers.net/joomla1.5/index.php?searchword=les+baras&ordering=&searchphrase=all&Itemid=1&option=com_search

 
Église de Saint-Bernard 1996-2016 : 20 ans déjà ! Débat « Les sans-papiers prennent la parole. » Montreuil 93. PDF Imprimer Envoyer
Action politique
Vendredi, 18 Mars 2016 08:10

Débat « Les sans-papiers prennent la parole. »

1996-2016 : 20 ans déjà !

Union nationale des sans-papiers

Grand débat public le vendredi 18 mars 2016 à 19 heures

20 ans après la lutte des Sans-Papiers continue plus que jamais !
Avec la délivrance de la carte de séjour de 10 ans !
Tous ensembles pour la régularisation de tous les Sans-Papiers
Les Sans-Papiers prennent la parole !
1996-2016 : 20 ans déjà !

Où en est la lutte de tous les Sans-Papiers depuis l'évacuation de l'église Saint-Bernard ?

Intervenants :

  • des Délégués de l'Union Nationale des Sans-Papiers ;
  • des familles Ex-Sans-Papiers de l'église Saint-Bernard ;
  • Maître Anne BREMAUD, avocate des ex-grévistes de la faim de l'église Saint-Bernard ;
  • KONE Adama, Président Association AVIPO (Association des victimes de l'incendie Hôtel Paris-Opéra)

Sont invités :

  • des Représentants d'Associations (CIMADE, COPAF, FASTI, GISTI, LA RADIO DES FOYERS, LDH, MRAP, RESF) ;
  • des Partis Politiques (PC, PS et Verts)

Les interventions seront suivies d'un échange avec la salle suivi de projections de films et d'une exposition de photos et de dessins retraçant la lutte des Sans-Papiers de Saint- Bernard à nos jours.

Pot de l'Amitié avec Awa DIABATE et ses musiciens.

document au format PDF:

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/45916
Source : message reçu le 16 mars 13h

 
Calais : Les bulldozers ne font pas une politique ! PDF Imprimer Envoyer
Communiqué
Mardi, 01 Mars 2016 17:24

http://www.gisti.org/spip.php?article5261

action collective

Calais : Les bulldozers ne font pas une politique !

Une fois de plus, l’unique réponse qu’envisagent les pouvoirs publics face à la situation dans le Calaisis, c’est l’évacuation d’un camp de réfugiés, et leur dispersion. On feint de s’attaquer aux causes réelles du problème ; mais en réalité, en s’en prenant aux victimes condamnées à se disperser dans la peur, cette politique ne fait que le déplacer et l’aggraver. Cette « solution » n’en est pas une.

Aux huit organisations qui ont adressé une lettre ouverte à Bernard Cazeneuve pour lui demander de surseoir à l’évacuation programmée d’une grande partie de la « jungle » de Calais, le ministre de l’Intérieur vient d’adresser une réponse qui est une fin de non-recevoir : il justifie sa décision à coups de propos incantatoires sur le respect des droits fondamentaux des migrants et le bien-fondé de politiques qui ne varient pas depuis des années, malgré leur échec évident ; et il rappelle aux associations leur « partenariat » avec l’État comme pour les impliquer dans la politique qu’elles contestent. Dans la foulée, la préfecture du Pas-de-Calais vient de publier un arrêté ordonnant aux occupants de la zone sud du bidonville, dite « la Lande », de quitter les lieux mardi 23 février au plus tard.

Les bulldozers ne peuvent pas tenir lieu de politique. Cela n’implique évidemment pas de nous accommoder d’une « jungle » dont le nom dit tout. Personne ne saurait accepter le maintien en l’état du bidonville de Calais, pas plus que du camp de Grande-Synthe, ni d’aucun autre. Personne ne peut se satisfaire de voir des réfugiés contraints de survivre dans de tels lieux.

Depuis des années, nous ne cessons d’ailleurs de dénoncer l’indignité de ces conditions de vie,comme l’a fait également Jacques Toubon, le Défenseur des droits, l’été dernier. Plus récemment, le tribunal administratif de Lille a même condamné l’État à procéder en urgence à des améliorations, décision confirmée par le Conseil d’État.

Pour autant, il n’est pas question non plus de cautionner l’évacuation annoncée, non seulement parce qu’elle est inhumaine, mais aussi parce qu’elle ne résoudra rien. Chasser les habitants d’une large partie du bidonville, y faire passer des bulldozers et détruire tout ce qui, dans la précarité et avec les moyens du bord, a été construit au fil des mois : à quoi bon ?

Les migrants qui se trouvent dans le Calaisis veulent souvent rejoindre des proches en Grande-Bretagne. D’autres seraient en droit de demander l’asile en France mais ils ne le savent pas toujours, ou bien ils se méfient de l’accueil qui leur serait réservé. D’autres encore attendent une réponse à leur demande. Parmi eux, il y a beaucoup d’enfants... Or pour plusieurs catégories de migrants, il existe des solutions inscrites dans les textes, avec des dispositifs, des acteurs, des fonds alloués à cet effet. Elles auraient pu être mises en œuvre depuis longtemps déjà.

Au lieu de s’y atteler, les pouvoirs publics ont préféré procéder à des « démantèlements » successifs. En 2015, ils ont contraint les migrants ainsi délogés à s’installer dans une zone « aménagée » pour eux. Bref, ils ont déjà défait ce qui se faisait, forçant ceux qu’ils chassaient à vivre dans une précarité plus grande encore.

Aujourd’hui, la partie principale du bidonville d’État de Calais est constituée de tentes et d’abris sommaires, bâtis par les réfugiés avec des bénévoles de différentes associations. Dans ces quelques kilomètres carrés sont nés peu à peu des cafés ou des restaurants de fortune, de minuscules épiceries, des lieux de culte de différentes religions, de toutes petites écoles, un théâtre sous chapiteau, une cabane d’aide juridique, plusieurs endroits dévolus à des soins, etc. Autant d’espaces de vie sociale, partagés par les réfugiés des différentes nationalités présentes dans le bidonville.

Qu’est-ce qui justifie de raser tout cela ? Le ministre veut convaincre que c’est pour le bien des occupants. En réalité, c’est une politique de dissuasion : rendre la vie invivable aux réfugiés. À ceux qu’ils ont hier installés dans cette zone, les pouvoirs publics enjoignent depuis des semaines d’occuper des conteneurs - sortes d’Algecos - ou sinon d’être dispersés loin de Calais, dans des CAO (centres d’accueil et d’orientation), baptisés « lieux de répit ».

Or c’est une alternative impossible.

Le ministre vante les mérites des conteneurs, qui sous sa plume semblent des bungalows pour vacanciers. Le fait est qu’il s’agit de cabanes de chantier, avec dans chacune des lits superposés pour douze personnes, où l’on ne peut qu’être debout ou couché ; toute installation de mobilier y est interdite, toute intimité impossible...

Concernant les CAO, le ministre se félicite de ce qu’ils permettraient aux migrants, grâce à « un accompagnement associatif de qualité » et à « un suivi particulier » des personnes, de déposer des demandes d’asile dans de bonnes conditions, ce qui n’était pas le cas dans le bidonville. « Au dernier recensement », écrit-il, « 80 % des migrants encore présents en CAO étaient engagés dans une démarche d’asile »... Il oublie de parler de ceux qui, mis en hôtel, sont privés de tout accompagnement et risquent une prochaine expulsion du territoire. Il oublie aussi de préciser que les CAO ont été conçus comme des solutions à très court terme ; après leur fermeture, qu’adviendra-t-il des personnes qui y auront été envoyées ?

Conteneurs, CAO ; expulsion, dispersion ; ces réponses ne feront qu’aggraver le sort des migrants sans régler pour autant le problème auquel est confrontée la région du Calaisis, pas plus qu’en son temps la fermeture du camp de Sangatte. Et dans un an, on nous rejouera la même scène. Car c’est avant tout l’inaction des pouvoirs publics, mais aussi leur action, qui, en créant des conditions de vie impossibles, rend la situation ingérable. L’État veut nous faire croire qu’il prend le parti des habitants contre les réfugiés ; en réalité, il monte les premiers contre les seconds en abandonnant les uns et les autres.

Il faut cesser de chasser de jungle en bidonville toute la misère du monde, persécution qui ne fait qu’exaspérer le ressentiment des « riverains ». Non, le malheur des migrants ne fera pas le bonheur des Français, pas plus à Calais qu’ailleurs. En réalité, laisser se dégrader la situation est plus pénible pour les populations du Calaisis, et plus coûteux aussi pour les pouvoirs publics, que s’employer à l’améliorer. L’humanité la plus élémentaire nous interdit ces destructions à répétition ; mais notre intérêt bien compris aussi.

Ce pays peut-il se satisfaire de devenir le champion du non-accueil, alors que les réfugiés y sont moins nombreux qu’ailleurs ? Ce que d’autres pays font déjà, la France doit pouvoir le faire. La Grande-Bretagne, qui porte une lourde responsabilité dans cette situation, doit elle aussi revoir sa position à cette frontière. Il faut en finir avec l’improvisation perpétuelle ; il est temps de penser dans la durée. Et si l’État ne fait pas son travail, nous allons y travailler nous-mêmes – avec les associations sur le terrain, avec les habitants du Calaisis et avec les réfugiés.

Les jours prochains, nous irons à Calais pour le clamer haut et fort : nous ne sommes pas condamnés à choisir entre la « jungle » et sa destruction. Nous refusons de réduire la France à des barbelés et des bulldozers. Nous tiendrons une conférence de presse. Nous voulons faire entendre un autre discours que celui des pouvoirs publics qui occupent les médias. Détruire, dit la Préfète ? Avec, sans ou contre l’État si nécessaire, il faudra pourtant bien construire un avenir.

Une fois de plus, nous, organisations signataires et personnes solidaires, demandons :

  • que soit annulé l’arrêté d’expulsion pris le 19 février ;
  • en urgence : une prise en charge individuelle respectueuse des droits fondamentaux des personnes actuellement présentes à Calais ;
  • une discussion du règlement Dublin III et des Accords du Touquet ;
  • plus largement, que la France s’engage enfin, en particulier en faisant la promotion de cet axe au sein de l’Union européenne, pour une véritable politique d’accueil des personnes migrantes.
22 février 2016

Organisations et personnalités signataires :

Voir sur le lien web : http://www.gisti.org/spip.php?article5261

 
A Calais, l’Etat tombe le masque PDF Imprimer Envoyer
Communiqué
Mardi, 01 Mars 2016 17:19

http://www.gisti.org/spip.php?article5277

action collective

A Calais, l’Etat tombe le masque

La destruction de la « jungle » de Calais a brutalement commencé ce lundi 29 février au matin. Plusieurs compagnies de CRS ont investi les lieux, qui ont dévasté des cabanes encore occupées, lancé des grenades lacrymogènes et usé de canons à eau contre des réfugiés grimpés sur les toits de leurs abris. Des centaines de personnes ont été jetées dans un froid glacial sans rien d’autre que les vêtements qu’elles portent sur elles, sans savoir où aller... Faut-il s’en étonner ?

Les pouvoirs publics ont écarté tout témoin : les soutiens des réfugiés ont été interdits d’entrée dans le périmètre de l’opération. Le ministre de l’Intérieur n’a cessé de le proclamer ces jours derniers : certes, il entendait mener à bonne fin ce qu’il appelle « la résorption » du camp de Calais ; mais il voulait le faire « de façon progressive » et « dans le respect des personnes » [voir entre autres son discours du 22 février au Mans]. Et c’est bien en se référant expressément à cet engagement de l’État à procéder à une évacuation progressive que le Tribunal administratif de Lille a validé l’arrêté d’expulsion de la jungle de Calais (25 février 2016, ordonnance n° 1601386).

Force est de constater que le « démantèlement » qui vient de commencer n’a rien de progressif ou d’humanitaire, et qu’il ne prend pas en compte la situation des personnes : les choses se déroulent comme s’il s’agissait de punir quiconque s’obstine à vouloir se rendre en Grande-Bretagne. Rappelons qu’un quart des habitants de la jungle de Calais aurait des proches outre-Manche ; ils seraient donc parfaitement fondés à demander à les rejoindre... Mais de même que la Turquie est priée de faire le garde-frontière de l’Union européenne, la France se charge de « protéger » la Grande-Bretagne, à grand renfort de moyens policiers quasi militaires, contre les migrants que celle-ci refuse d’accueillir.

La première a-t-elle voulu donner des gages à la seconde, en perspective du sommet franco-britannique qui aura lieu ce 3 mars ? Quant aux autres, leur méfiance face aux « solutions » alternatives qui leur ont été présentées ne peut qu’être confortée par la violence mise en œuvre pour les chasser. « Les services de l’État se mobilisent sans relâche pour permettre à tous ceux qui le veulent de pouvoir quitter la lande », déclarait vendredi la ministre du Logement.

Aujourd’hui, les masques tombent. Nous n’aurons plus d’excuses pour ne pas voir ce qui se passe sous nos yeux. Dans un État de droit, l’État n’a pas tous les droits. La justice n’a pas délivré au gouvernement un permis de chasse contre les réfugiés. Partout, des voix se sont élevées pour exiger que s’organise l’accueil des personnes chassées de leurs pays en guerre ou dévastés. Ces voix ne vont pas se taire. Il faudra bien qu’on les entende. Rappelons-le : l’asile est un droit ; la répression des réfugiés est donc un déni de démocratie.

Le 1er mars 2016

Premiers signataires (parmi ceux de l’appel Calais : Les bulldozers ne font pas une politique !)

  • Éric Fassin, professeur de science politique à l’université Paris VIII - Saint-Denis- Vincennes
  • Camille Louis, dramaturge, doctorante et enseignante en Philosophie à l’Université Paris 8
  • Étienne Tassin, agrégé, docteur en philosophie, titulaire d’une habilitation à diriger des recherches en lettres et sciences humaines

Les organisations :

  • Actes et Cités ;
  • Auberge des migrants (Calais) ;
  • Barcelona Accio Solidaria ;
  • Conseil d’urgence citoyenne ;
  • Ecole laïque du Chemin des dunes ;
  • Emmaüs France ;
  • Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s - Gisti ;
  • LDH ;
  • RESF ;
  • Tenons et mortaises
 
Le démantèlement de la zone sud de la « jungle » de Calais a repris, des incendies signalés PDF Imprimer Envoyer
Expulsion lieux d'occupation/habitation
Mardi, 01 Mars 2016 17:11

CISPM: Le démantèlement de la zone sud de la « jungle » de Calais a repris, des incendies signalés

Le Monde.fr avec AFP | 01.03.2016 à 12h22 • Mis à jour le 01.03.2016 à 15h54

Vidéos sur le lien web:

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/03/01/le-demantelement-de-la-zone-sud-de-la-jungle-de-calais-a-repris_4874441_1654200.html

L’évacuation partielle de la « jungle » de Calais se poursuit. Après un premier jour émaillé de violences, les opérations de démantèlement de la zone sud du camp de migrants ont repris, mardi 1er mars.

Si la matinée a été calme, des incendies ont été signalés en milieu d’après-midi par plusieurs journalistes présents sur place, rappelant le scénario de la veille.

Une vingtaine d’ouvriers de la société Sogéa mandatée par l’Etat, vêtus de gilets orange, sont affairés depuis le début de la journée à déblayer le terrain des abris de fortune laissés vides, dans un nouveau périmètre de la zone sud jouxtant celui où ils étaient intervenus lundi. Cette zone est vouée à l’évacuation à la suite d’un jugement du tribunal administratif de Lille jeudi dernier. Une pelleteuse a ainsi détruit une caravane vide à l’intérieur de ce périmètre, sous protection d’un cordon de CRS et le regard d’une cinquantaine de migrants.

Lire aussi :   Pourquoi les migrants de Calais boudent les centres d’accueil et d’orientation prévus pour eux

« Votre abri va être détruit »

Les équipes de maraudes sociales ont précédé l’arrivée des ouvriers, tentant de convaincre les migrants de quitter les lieux : « Vous devez partir, votre abri va être détruit », expliquait l’un de ses membres à un groupe de migrants soudanais. Ceux-ci étaient toutefois peu enclins à rejoindre l’un des 102 centres d’accueil et d’orientation (CAO) disséminés partout en France, ou à emménager dans le centre d’accueil provisoire (CAP), des conteneurs chauffés en périphérie de la « jungle ». Lundi, 43 migrants répartis en deux bus ont toutefois été acheminés vers deux CAO près de Bordeaux et Montpellier, selon la préfecture.

Le début du démantèlement avait été marqué par une série de violences depuis le début d’après-midi jusqu’en soirée, notamment des heurts entre migrants, militants du réseau No Border radicalement opposé aux politiques de contrôle de l’immigration et forces de l’ordre.

Entre 19 heures et 20 heures, environ 150 migrants, certains armés d’une barre de fer, s’étaient ainsi introduits une heure durant sur la rocade portuaire jouxtant la « jungle » de Calais, lançant des pierres ou tapant sur des véhicules en partance vers l’Angleterre.

Lire aussi :   Supprimer la « jungle » de Calais ne fera pas disparaître les migrants

Nuit calme

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a réagi à ces violences mardi dans un communiqué :

« L’activisme d’une poignée de militants no border extrémistes et violents n’y changera rien (…). Cette opération va se poursuivre dans les jours qui viennent avec calme et méthode, en offrant une place à chacun, comme le gouvernement s’y est engagé. »

La nuit de lundi à mardi a été cependant calme, selon des sources concordantes. « Nous avons comptabilisé des regroupements de migrants à plusieurs reprises le long de la rocade, mais de manière sporadique et sans violence », a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais. Des informations confirmées de source policière.

La zone sud de la « jungle », le plus grand bidonville de France, compte entre 800 et 3 450 habitants selon les sources.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/03/01/le-demantelement-de-la-zone-sud-de-la-jungle-de-calais-a-repris_4874441_1654200.html#AvmXH6L7DWZO3bzb.99

 
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